Poésie d’un poète éditeur indépendant : Jean-Luc Petit

Les livres, les recueils, et le site internet - découverte gratuite des deux décennies d'aventures


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Site d'une expérience poétique de 1988 à nos jours
Des collègues poètes sont tristes : ils n’ont pas le droit de créer un site comme celui-ci, avec l’ensemble de leurs textes.
Interdiction de leur éditeur. Ils ont signé, ils doivent respecter leur contrat. Rien de plus naturel.
Depuis mon premier livre, publié en octobre 1991, j’explique : ni éditeur institutionnel, ni compte d’auteur : j’ai demandé un indicatif éditeur, ainsi conserve l’ensemble des droits, dont les droits dérivés (qui furent d’abord des textes mis en musique, devenus chansons).

Les livres de poésie se vendent très peu, les auteurs publiés (à compte d’éditeur) touchent le plus souvent AUCUN DROIT D’AUTEUR. Les 300 000 exemplaires de Paul Géraldy, c’est l’exception et de l’histoire ancienne (1913 avec Toi et Moi). Mais depuis des années, ça fait bien, selon eux, « d’avoir un éditeur » et d’être publié dans les revues au tirage certes dérisoire mais « c’est important ». C’est qu’ils commencent à douter ces « poètes » en quête de subventions. Ça commence à se savoir, que je suis devenu « professionnel » !

J’ai toujours pensé qu’être son propre éditeur était mieux, c’est désormais indispensable (sauf si un éditeur institutionnel vous propose un a valoir en dizaines de milliers d’euros).

Etre éditeur ou avoir un éditeur : éternelle opposition entre ETRE et AVOIR.

Mon problème fut durant des mois le nom du site. Poesie.net, poesie.fr... sont depuis longtemps réservés...
Et j’ai pu acquérir poesie.pl
PL étant la terminaison commercialisé par la Pologne.
Mes initiales sont JLP.




1) Premier livre publié : ETERNELLE TENDRESSE, 1991

Avant propos : contexte

(ces propos peuvent être considérés comme le premier MANIFESTE POETIQUE de l'auteur)

Citoyens post-modernes, émancipés des entraves morales désuètes suite au « soulèvement » soixante-huitard, nous vivotons, au sein d’une communauté qualifiée démocratique par des « observateurs neutres », de l’expression de projets et d’espérances plus ou moins utopiques ; malgré d’impulsifs élans vers le merveilleux, l’obligatoire quotidien reste vide et monotone, fondement d’un bonheur naïf – parfois réel. Cloisonnées entre l’absence d’aventures et la peu des problèmes, nous assumons une existence sociale digne, en honnêtes individus, répondant aux mornes normes d’une identité sans aspérité.
Témoignage d’un consensus parvenu au sommet de sa doctrine, nul événement, nul combat, nulle guerre pour sortir les « enfants de la paix » d’une inquiétante léthargie. Rassurés par un monde-sécurité, choyés par un état providence, aucun effort ne leur est imposé pour conserver la vie, rien qu’un sempiternel dessein : ingurgiter l’ersatz du bonheur.
A l’autre extrémité, les exclus, ceux dont la société a honte, les déviants, parasites, cachés pour l’image, alimentés pour s’acheter une âme humaniste...
Sans prise de conscience ou tumulte, l’échec seul semble envisageable ; bilan fréquent chez la nature humaine confrontée à sa cruelle finitude.

Ainsi, comment se jugerait le bourgeois rangé, renommé cadre dynamique, s’il recouvrait candeur et intransigeance de son enfance, ses premières aspirations ?
Comment se noterait le vieillard n’apercevant, debout, proche de ce lit où tout confine au dérisoire, qu’une descendance avide d’héritages financiers et sans goût envers le savoir et les peines accumulées.
Quant au clochard, il se contente du jugement des autres, leur mépris constitue son unique récompense.
L’allégresse semble proche, pourtant trop d’aisance, de confort, corrompt la fibre humaine ; de la béatitude à l’hédonisme, il n’y a qu’un pas, un autre souille d’artificiels plaisirs ; cercle vicieux entraînant une majorité aux abîmes, prisonniers de l’insipide dépendance. Atteint ce stade de sénilité morale, l’arrêt devient libération, pas le moindre regret à savoir la pérennité du monde sans soi, un écoeurement devant tant de bassesse, d’hypocrisie, presque un soulagement, un ultime effort pour atteindre l’espoir de non-retour.

Parfois, loin du brouhaha, des strass, de l’intelligentsia, la sirène des cimes infranchissables, jette son dévolu sur un spectateur de l’imprévu, un rêveur sans prétention, un alpiniste de minuit ; dès lors il oblitère son présent, ses amarres et plonge au cœur de la marginalité, route dorée et couverte d’innombrables embûches, son avenir s’identifie à l’incertain, son quotidien irrite ; la société, à laquelle il refuse allégeance, le déclare ennemi du peuple, anticonformiste à lyncher en place publique les soirs de liesse. De tels hérétiques ne terminent plus sur les bûchers (ce siècle maîtrise le civilité) et la condition de ‘poète maudit’ est anachronique (dixit sondages et autres tests d’opinion), le talent ne passerait plus au travers des mailles de la reconnaissance, de l’encensement médiatique, de la consécration.
Pourtant, qui connaît, qui comprend les affres de la création auxquelles l’être différent – victime d’un ostracisme constant, de remarques, rumeurs – est astreint ? D’autre part, où situer le talent ? L’œil contemporain, imprégné d’une culture colonialiste et infatué de mérites vraisemblablement divins, a la sentence péremptoire, par conséquent, la prétention de se déclarer référence et seul habilité à juger une œuvre par essence inqualifiable.

L’humanité progresse, tout est culture ! La collection Arlequin accoste Balzac, un ticket de métro égale une croûte de Van Gogh. Lente descente aux enfers d’une notion d’art à laquelle plus personne, même et surtout les pseudos intellectuels, n’attachent d’importance, de peur de se retrouver injuriés d’élitistes ou rétrogrades. L’image de marque est en jeu et nul ne badine avec un tel concept !

Vous les sceptiques, écoutez plutôt les confessions d’un citoyen du secteur septentrional d’une France aseptisée et engourdie. Simples coups de cœur ou crises profondes, ces témoignages d’un vécu ou d’une imaginations disons fertile, resteront un hommage suprême à l’expression poétique.
Vomissure au relent de déjà-vu, écume nauséabonde d’adolescent écorché vif, incapable de transcender sa déprime, pour les perpétuels insatisfaits, recherche introspective, sécrétion métaphysique pour d’autres, nécessité pour l’auteur, pierre déposée aux pieds de l’irréel, brin de muguet ou rose, testament littéraire ou prodrome d’un nouveau départ.

Visionnaire et observateur d’un hémiplégique monde sans mémoire ni regard, le poète par une totale focalisation de ses émotions, apporte une obole désintéressée au renouvellement des idées, il en va de la survie des valeurs qu’on croit naguère indéfectibles.

Afin que réagissent celles et ceux qui apprivoisent et glorifient l’indifférence, sous couvert d’une philanthrope tolérance, j’ai souhaité rendre publics ces textes, ma vérité durant ces jours.

La vérité est Amour (dans le sens noble du terme, loin de la dérive consommatrice vengeresse contemporaine, inepte acte à l’encan).

La vérité devient nocive quand les mots sont châtrés, transformés en idées creuses, en dogmes. Croyant se libérer de l’emprise ésotérique du vocabulaire, longtemps synonyme de pouvoir, le révolté sans cause s’emprisonne au sein de l’incommunicabilité, triste image abandonnée aux générations futures de la part d’une époque de communication dépassée par ses propres réussites.

Faute d’une concomitante qualité, l’abondance détruit souvent.

Les lumières subsistent peut-être, là-bas, très loin, si loin, où les humains peroxydés n’osent plus s’aventurer.

Notre génération parviendra-t-elle à vivre ses illusions, celles qui rendent l’individu plus beau au jugement de sa conscience, ou l’affublera-t-on de pompeux qualificatifs... perdue, piégée, spontanée, décadente...

Là réside un palpitant défi, ou une agonie.

En ligne de nombreux textes.

Un peu de poésie sur internet.

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